Difficile d'enchaîner après avoir livré un classique dans le rap, beaucoup de rappeurs en ont fait l'expérience. On pense à Nas avec "Illmatic", à qui on a reproché que tous ses projets suivants étaient moins bons (en même temps, dur de faire mieux), mais ça s'applique également à plein d'autres rappeurs. Et Kaaris a longtemps souffert de ce syndrome, lui qui a changé la face du game avec "Or Noir", et qui se retrouve ensuite condamné à être comparé à son propre classique. Mais on dirait que le Dozo a fait la paix avec lui-même : il vient de faire son retour avec "Byakugan", et c'est plutôt réussi.
Car même s'il a connu plusieurs succès dans sa carrière ("Nador", "Tchoin", "Blow", et bien d'autres titres), on commençait à entendre dans la communauté rap que Riska était "finito" ou "dépassé". Mais il avait fait fermer toutes les bouches lors de son feautirng avec La Fouine, "Vision", sorti récemment. Et il reste sur cette lancée avec "Byakugan" : un album où le sale et le kickage sont à l'honneur, presque sans autotune. Un projet 100% violence et agression verbale, c'est à ça que Kaaris nous avait habitués. On retrouve ça dans des titres comme "Le Sevranais" ou "Huracan", et on peut même presque dire qu'on revoit le fameux "Kaaris d'Or Noir" sur "Deuxième prime", un morceau dont le titre est plutôt bien trouvé du coup.
Kaaris est clairement dans son "deuxième prime", même si l'écriture a quand même un peu changé par rapport au passé : plus brutale, plus directe, un peu moins de métaphores. Peut-être un tout petit peu plus caricaturale, mais en même temps, c'est aussi ce que demande une partie de la nouvelle génération du public rap : que ça kicke, et que ça choque. Les deux missions sont accomplies sur "Byakugan", et on est même surpris par la manière dont il s'est particulièrement appliqué sur des titres comme "Rajel" ou "Van Halen". Enfin, il y a un morceau un peu plus doux, un peu plus "single radio" peut-être, "Camp des Loges", mais il n'en fait pas trop et on trouve le morceau plutôt cohérent.
Bref, un album qui devrait relativement bien fonctionner, même si rappelons que les ventes sont difficiles pour tout le monde en ce moment (Booba en sait quelque chose). Et même si ce n'est pas le cas, ça fait plaisir de revoir Kaaris mettre autant de passion dans un projet ! Et on espère
























