Le monde du rap est en permanente évolution, et ça crée forcément des débats et des frictions à l'intérieur du game. Encore plus en France, où les évolutions se sont accélérées ces dix dernières années, avec une vraie diversification de la scène : entre les influences de MHD et de ses successeurs, de PNL, de la trap, de la drill et d'autres courants moins connus mais tout aussi impactant, c'est parfois difficile de s'y retrouver. Et cette semaine, c'est Booba qui dresse un bien triste constat concernant l'état de la culture rap en France.
On le sait, Kopp a eu des mots plutôt durs concernant le rap game depuis plusieurs mois maintenant. On se souvient notamment de son émission "Carré d'As" avec Lino, Oxmo Puccino, et Pit Baccardi, pendant laquelle il n'était pas tendre avec certains médias spécialisés par exemple. Jusqu'ici, Booba avait pourtant plutôt validé toutes les évolutions du rap en France, dont il était même parfois un des précurseurs, comme avec l'autotune sur "0.9" à l'époque. Un pont entre l'ancienne et la nouvelle génération, mais apparemment, cette fois, c'est trop, et il a décidé de pousser un coup de gueule via son tout nouveau compte Instagram (l'ancien ayant été supprimé).

Dans sa première story, on peut lire "Le top 50 fait peur carrément", en le voyant faire défiler les morceaux du top 50 Spotify en France. Un top 50 dans lequel on retrouve Mauvais Djo, Aya Nakamura, PLK, Disiz et Theodora, Gambi, Leto, Bello&Dallas, bref, beaucoup de titres dansants, assez orienté pop/grand public, avec ddes textes axés uniquement sur le divertissment. Plutôt éloigné de ce à quoi ressemblait le rap français dans les années 90, ou même en 2015, lors du fameux "second âge d'or" du rap FR. On ne saurait pas dire s'il vise personnellement les artistes présents dans le top 50, s'il s'agit d'un état d'esprit général, ou d'autre chose : Booba est parfois difficile à suivre. Sa story suivante, en revanche, est beaucoup plus claire :
On s'est fait infiltrer ils ont réussi après de longues années à souiller le rap et ses origines. Je sais pas si vous réalisez la puissance de cette culture. Tout ce qu'elle représentait...
Il enchaîne ensuite en publiant des extraits de Bone Thugs N Harmony, Pop Smoke, ou encore Tory Lanez, 21 Savage, Future, des mecs issus de la culture du "hustle", qui ont vraiment commencé en bas de l'échelle sociale et ont rappé la rue dans leur musique jusqu'à toucher le monde entier, avec chacun une grosse influence sur la "culture rap". Peut-être que c'est ça qu'il reproche aux artistes populaires aujourd'hui, de ne pas assez parler de la street et de cette volonté de s'en sortir en dehors des règles établies par le système, de ne pas assez parler du réel dans leurs textes, mais là encore, on ne veut pas trop interpréter ses propos, il en parlera éventuellement dans un prochain morceau.
Il termine son coup de gueule par un extrait vidéo d'une interview de Maskey chez Zack Nani, dans laquelle le Youtubeur explique qu'il sent un vrai déclin de la culture rap, puisque la musique est devenue trop populaire, et qu'il a l'impression, en regardant certains auditeurs de cette musique sont des "cosplayers" : "avant, l'auditeur de rap c'était pas un cosplayer", et parlant également du fait que les auditeurs de rap refusent de prendre leurs responsabilité et d'écouter les artistes de manière éthique, préférant simplement surfer sur la vague de ce qui est populaire.
Un débat qui risque de souvent revenir sur la table lors des prochains mois...

























