Lino allume les rappeurs mainstream : "à la base, c'était criminel de copier"

Lino allume les rappeurs mainstream : "à la base, c'était criminel de copier"

Lors d'une interview pour Get Busy, Lino a donné son point de vue très critique au sujet des rappeurs mainstream qui font tous la même chose, en rappelant qu'à la base, le rap était synonyme d'originalité.

Vous vous en êtes probablement déjà rendus compte si jamais vous écoutez les playlists radio ou pire, le top 50 Spotify : aujourd'hui dans le rap français, tout se ressemble de plus en plus. Evidemment, il y a toujours des exceptions, et des artistes underground qui font des trucs très particuliers. Mais globalement, les recettes "mélo + instru afro ou caribéenne", et "mélodie + morceau mélancolique sous autotune" dominent le game. Si vous voulez trouver de l'originalité, vous devez creuser. Et ça, ça ne plaît évidemment pas à Lino

Car le rappeur est issu d'une génération qui a découvert le rap dans les années 80/90, et pour laquelle le principal objectif était de proposer quelque chose d'original, de se détacher de la concurrence, pas de copier une recette qui marche. Et lors d'une interview pour le célèbre média Get Busy, Lino a décidé de parle français, en allumant les copieurs qui sévissent dans le game :

On tombe dans le truc des algorithmes. Soyons clairs : est-ce que ces gens-là veulent vraiment être des artistes, ou sont vraiment des artistes ? Si tu pars du principe 'ouais, j'veux faire de l'oseille', bah t'es pas un artiste, t'es un chef d'entreprise. Les mecs dont je te parle, qui sont à la marge, pour moi c'est des artistes. Moi, je ne vois qu'en terme d'artiste. 

Toutefois, Lino ne jette pas spécialement la pierre aux artistes concernés, conscient des nouvelles "chaînes" et des nouvelles contraintes qui entravent les artistes de la nouvelle génération. Pour lui, c'est beaucoup plus dur de se démarquer aujourd'hui en tant qu'artiste:

Tout est uniformisé maintenant. Donc ils ont besoin de se conformer à la masse. Donc il faut ressembler à untel pour exister. A la base de ce qu'on fait, c'est l'originalité qui prime. C'était criminel de copier et de sonner comme qui que ce soit. Y a des mecs qui se faisaient tabasser je m'en rappelle (rires). C'est pas parce qu'ils avaient pompé, c'est parce qu'ils étaient nuls (rires).

Il prend ensuite l'exemple du Wu-Tang, où "aucun de ces enfoirés ne rappent pareil". Pour Lino, on a clairement perdu cette créativité, au profit d'artistes qui suivent les tendances et dont les sonorités se ressemblent beaucoup. Un reproche qui est assez justifié, même s'il faut nuancer avec le nombre d'artistes, qui a explosé par rapport aux années 90 par exemple. Il faut aussi rappeler qu'à l'époque, il y avait également des copieurs, ils étaient simplement mis de côté par les radios, les médias et le public, et ne restaient donc pas dans les mémoires. Et pour les jeunes qui pourraient penser que Lino est aigri, c'est faux, il a d'ailleurs couvert Jul de compliments il n'y a pas si longtemps. Encore un artiste original, qui a trouvé une recette que beaucoup ont copié...

En tout cas, toujours un plaisir d'entendre les anciens donner leur avis de manière constructive sur le mouvement qu'ils ont contribué à créer, on vous met l'intégralité de l'interview pour Get Busy juste ci-dessous !