Method Man explique comment le succès de "All I Need" l'a plongé dans la drogue et la dépression

Method Man explique comment le succès de "All I Need" l'a plongé dans la drogue et la dépression

Method Man a fini par chasser tous ses démons, mais il est passé par des phases vraiment horribles au début des années 2000 : dépression, dépendance à l'alcool et aux drogues, tout ça à cause du succès et de certains labels.

Le succès, ça ne réussit pas à tout le monde. Ou du moins, ça n'a pas le même effet sur toutes les personnes. Si certains rappeurs semblent y être préparés, on dirait même qu'ils sont nés pour ça, d'autres vivent très mal le fait de sortir du hood pour finir sous le feu des projecteurs avec tout ce que ça implique. Des fans et des magazines people qui vous surveillent, des obligations, des changements de mode de vie. Method Man, qui a commencé le rap au début des années 90, l'a plutôt mal vécu, avec un passage dépressif et des addictions provoquées par son changement de statut.

Car Method Man aura connu le succès très jeune, alors qu'il venait d'avoir 20 ans, au sein du Wu-Tang Clan. Il est rapidement devenu une des stars du rap US, mais son statut a encore changé au début des années 2000 avec le succès de "How High", mais aussi de son album commun avec Redman, et de ses albums solo comme "Tical" et "Tical 2000 : Judgement Day". Lors d'un récent passage dans l'émission de Matt Hoffa, "My Expert Opinion", le rappeur explique que le succès, et son passage de Roc-a-Fella à Murder Inc. au début des années 2000, l'ont fait tomber dans la dépression et la drogue.

Quand tu veux faire un certain type de single, et que le label te pousses pour en faire un autre, mais qu'ils te laissent finalement décider, crois moi, c'est qu'ils en ont fini avec toi. J'ai combattu cette merde de "All I Need".

Le tube "All I Need", extrait de son album de 1994, "Tical", était dans un registre complètement différent du registre habituel de Method Man. Plus doux, plus "soft", plus radio, plus "lover", il véhiculait une image du rappeur que lui-même n'appréciait pas du tout, lui qui était plutôt dans un délire très street, humour, blagues de cul. Et ça a créé une sorte de crise existentielle chez le rappeur, lui qui a même eu peur de perdre son audience, composée de gars du hood en majorité auparavant. 

Je suis un crasseux. Je veux dire, les mêmes sapes 3 jours d'affilée. Je ne veux pas devenir un sex symbol.

Lors de sa période Roc-a-Fella/Murder Inc, il a fini par tomber dans un tourbillon de drogues, d'alcool, ce qui l'a réellement mis à l'épreuve.

Les seules fois où la pression était trop forte pour moi, c'était quand je bouffais des ecsta. Je ne savais pas dans quoi étaient les autres. Mais moi, je peux juste vous dire dans quoi j'étais. C'était l'ecstasy, l'alcool et la beuh. Et je veux dire, je me réveillais avec ça. Je m'endormais avec ça, j'en tapais toute la journée. Et c'en était à un point je ne pouvais plus manger. J'étais vraiment accro à cette merde.

Et contrairement à ce qu'on pourrait penser, Method Man ne faisait pas ça pour s'amuser. Il ne pouvait même plus créer ou faire de la musique lorsqu'il était sous substances, les drogues lui détruisaient sa capacité à pratiquer sa passion, la musique. Du coup, sa créativité était absorbée par les drogues qu'il prenait pour fuir la pression. Il refusait énormément d'interviews parce qu'il ne voulait pas se montrer. Il devenait faible, parano, développait de l'anxiété sociale, et était déconnecté du monde. Mais il a fini par prendre une décision radicale en octobre 2000, en réunissant toute son équipe :

Je me rappelle très bien Octobre 2000. J'ai fait une réunion avec tout le monde. Et je leur ai dit qu'à partir du Nouvel An, je voulais que plus personne ne soit dans cette merde. Quand le Nouvel An allait arriver, on serait en 2001. J'allais me marier. J'ai tout arrêté dès octobre. C'est comme ça que ça s'est fait pour moi. J'ai arrêté de prendre ses merdes et j'ai arrêté de boire. J'ai pas touché un verre depuis ça. 

Method Man explique ensuite qu'il a fallu qu'il s'isole un moment pour se reconstruire, et se soigner loin des exigences de l'industrie musicale. Des confessions qui font plaisir de la part d'une star comme Meth', qui montre qu'on peut se relever et se sortir de la drogue, même si ça prend du temps et que ça demande de la détermination. Et aujourd'hui, à 55 ans, il paraît en forme comme jamais !