Ce n'est pas la première fois que le rap français est traîné au tribunal. En plus de 35 ans d'existence, on peut dire qu'on en aura vu des procès, plus ou moins justifiés : Orelsan, Youssoupha, Sniper, Monsieur R, et plein d'autres. Mais c'est la première fois qu'on voit des polémiques revenir aussi souvent autour des propos d'un seul rappeur : on parle évidemment de Freeze Corleone, qui était jugé hier à Nice pour apologie du terrorisme dans son morceau "Haaland". Un procès à l'issu duquel le parquet a demandé une très grosse peine pour le rappeur du 667.
En défense j'suis Kalidou, t'es Lenglet
Burberry comme un grand-père anglais
J'arrive dans l'rap comme un camion qui bombarde à fond sur la...
Scène lunaire, donc, hier au tribunal de Nice, avec une demande de condamnation qui est faite sur des propos qui ne sont pas prononcés, plutôt suggérés. On risque donc, pour la première fois de l'histoire de cette musique, voir un rappeur condamné pour... des choses qu'il n'a pas dites, même si la référence au drame survenu sur la Promenade des Anglais ne fait effectivement aucun doute. Pour cette punchline, le parquet requiert 18 mois de prison avec sursis et 50 000 euros d'amende contre Freeze Corleone, qui était absent lors de son procès.
Beaucoup de choses plus ou moins intéressantes (surtout moins, à vrai dire) ont été dites lors du procès au sujet du rappeur, et au sujet de ce qu'on a le droit de dire ou de suggérer dans un texte musical. Freeze Corleone a été qualifié de "Dieudonné du rap français" par le procureur, une comparaison qui n'est pas si idiote : les deux ont ce goût de choquer les gens, sans forcément avoir un but précis derrière leur démarche provocatrice. Mais Freeze a au moins pour lui l'excuse de l'egotrip : le but n'est pas de réellement se comparer à un terroriste, mais de dire qu'ils ont une détermination similaire, une nuance importante.
On précise également que la peine requise par le parquet est très sévère et qu'il y a peu de chances qu'elle soit prononcée telle quelle par le juge, qui rendra son verdict le 27 avril. Rendez-vous dans deux mois, donc !
























