Et pourtant, ce groupe familial fondé en 1973 est devenu le premier opérateur européen en nombre d'établissements. On compte tout de même dans ses rangs 38 établissements disséminés sur le territoire français ! Le Pasino Saint-Amand-les-Eaux (dans les Hauts-de-France) est le berceau historique du groupe. Mais sa géographie va désormais de la Côte d'Azur à la Normandie.
Pourquoi les casinos français se trouvent-ils dans certaines villes seulement ?
Avant de parcourir ce réseau, une précision s'impose. En France, on n'ouvre pas un casino où l'on veut. La loi du 15 juin 1907, toujours en vigueur, réserve cette possibilité aux seules stations classées : les communes littorales, thermales ou climatiques reconnues par décret.
Une ville enclavée sans label touristique officiel ne peut donc accueillir d'établissement de jeux. Et ce, quelle que soit sa population.
Quelques exceptions existent toutefois. Les grandes agglomérations de plus de 500 000 habitants peuvent obtenir une dérogation, à condition de financer un établissement culturel d'envergure (opéra, théâtre national).
Paris, longtemps totalement exclue, s'est récemment ouverte aux clubs de jeux, une catégorie distincte des casinos traditionnels.
Dans les faits, cette réglementation dessine une carte pour le moins particulière, puisque les casinos français longent les côtes, s'installent en montagne ou dans les villes d'eau.
Partouche a bâti son empire en suivant cette géographie réservée, mais en sélectionnant des emplacements à forte identité patrimoniale.
De Cannes à Forges-les-Eaux : un tour de France des établissements remarquables
Le Casino Partouche le plus iconique se trouve à Cannes. Le groupe y exploite désormais deux adresses, dont le Casino Royal Palm, niché dans le bâtiment historique du Palm Beach. Cette élégante construction Art Déco de 1929, ouverte sur la baie et les îles de Lérins, constitue un monument à part entière de la Croisette. Fermé plusieurs années pour rénovation, le lieu a rouvert ses portes fin 2024.
À mille kilomètres de là, le Pasino de Saint-Amand-les-Eaux est, comme nous l'avons évoqué, au cœur de l'histoire du groupe. C'est ici, dans le Nord, que l'aventure a commencé : en 1973, Isidore Partouche rachète pour un franc symbolique un casino déclinant, adossé à un établissement thermal. Cinquante ans plus tard, l'endroit figure parmi les dix casinos les plus fréquentés de France.
Entre ces deux pôles, le réseau épouse à peu près les contours du tourisme hexagonal :
- Nice et son Palais de la Méditerranée, façade Art Déco majestueuse sur la Promenade des Anglais,
- La Grande-Motte et son Pasino de 7 000 m², l'un des rares casinos résolument contemporains du pays,
- Aix-en-Provence,
- Vichy,
- Divonne-les-Bains,
- Annemasse aux portes de Genève
En Normandie, le domaine de Forges-les-Eaux offre une formule plus complète encore, avec quatre hôtels, deux golfs, un lac, etc. Le tout à moins de deux heures de Paris.
Au-delà des tables de jeu : une offre de loisirs à part entière
Pour des raisons évidentes liées aux goûts des clients européens, un casino ne se résume plus aujourd'hui aux rangées de machines à sous et aux tapis verts des tables de roulette. Les établissements fonctionnent comme de véritables complexes de loisirs, et Partouche ne déroge pas à cette conception.
La plupart abritent forcément un ou plusieurs restaurants, parfois de belle facture gastronomique : le Pasino Grand de La Tour-de-Salvagny, aux portes de Lyon, accueille ainsi La Rotonde, table étoilée au Guide Michelin.
L'hôtellerie accompagne tout naturellement cette offre. Le groupe gère une douzaine d'établissements, du quatre étoiles confortable au cinq étoiles raffiné. Côté spectacles, plus de 3 000 représentations sont programmées chaque année, à voir dans les différentes salles du réseau.
Cette diversification obéit à une logique dans laquelle on tente de faire de la visite au casino une sortie complète, et pourquoi pas un séjour.
Pour les communes concernées, ces établissements représentent aussi des employeurs substantiels. Le groupe compte environ 4 000 collaborateurs et irrigue l'économie locale à travers la restauration, le bar, l'hébergement, les magasins, les services.
L'implantation dans des sites remarquables n'est donc ni fortuite ni purement décorative. Elle découle d'un cadre légal français singulier, que Partouche a su transformer en signature, si l'on peut dire : associer l'attrait du jeu à la beauté des territoires.
























