5 Bonnes raisons de réécouter "Sang Froid" de Sinik

5 Bonnes raisons de réécouter "Sang Froid" de Sinik

L'album "Sang Froid" de Sinik fête ses 20 ans cette semaine, et c'est l'occasion ou jamais de se replonger dans ce disque qui n'est peut-être pas parfait, mais qui contient tellement de bons titres.

On continue à revisiter les gros albums du passé, et cette semaine on va s'arrêter sur un projet en particulier, qui fêtait justement ses 20 ans hier. Un disque qui est considéré par beaucoup comme un projet incontournable du rap français des années 2000, qui s'est vendu à plusieurs centaines de milliers d'exemplaires, avec des titres qui auront marqué toute une génération d'auditeurs : on parle évidemment de "Sang Froid", de Sinik. Un album sur lequel il y a beaucoup de choses à dire, et on va tenter de vous donner 5 bonnes raisons de le réécouter.

Sinik, un des meilleurs "story-tellers" du rap français

Le rappeur des Ulis a beaucoup de points forts à mettre en avant, mais il y en a un qui est souvent passé son silence. Pourtant, c'est un des meilleurs arguments de vente de Sinik : son story-telling, sa manière de raconter des histoires, bien souvent très réalistes. Ça avait notamment bien marché sur l'album précédent, dans "2 Victimes 1 coupable" par exemple. Mais sur "Sang Froid", c'est un florilège : "Descente aux enfers" raconte l'histoire d'un gars qui perd tout, sa femme, son taff, sa dignité, son logement, et même sa vie, de manière poignante. "Mon pire ennemi" est un titre qui raconte comment on devient accro au shit, là encore, très réel, "La Cité des anges" raconte comme Nik-Si a été bouleversé par sa visite à des enfants dans un hôpital, et évidemment, "Autodestruction", où le rappeur endosse 1000 costumes les uns après les autres, dans un morceau rempli d'images fortes, avec un texte pourtant sans trop de fioritures. Avec, à chaque fois, la même sincérité.

100 % Banlieusard

Un aspect marquant, quand on réécoute certains albums de cette période, c'est le fait que presque tout, des textes, jusqu'aux instrus, en passant par les thèmes abordés, le vocabulaire et les clips, ça transpire l'attitude du banlieusard par tous les pores. Pour Sinik, pas besoin de jouer aux grossistes ou aux gangsters, contrairement à la plupart des rappeurs actuels qui n'auraient pas grand chose à raconter s'ils devaient arrêter de parler du shit qu'ils n'ont jamais vendu. Non, Mals1, c'est le quartier, ça se ressent à chaque ligne. Même les prods de Tefa, Masta, Entreprise ou Street Fab' (Mon Pire Ennemi remix, Descente aux enfers, elles gardent ce côté "Street Album". Un projet vraiment ancré dans son époque et son environnement.

L'art de la punchline

On met souvent les rappeurs des années 90/2000 en avant pour la qualité de leur plume, et Sinik ne fait pas exception à la règle, avec des punchlines qui restent bien dans les mémoires. Qu'il s'agisse de décrire sa réalité, son environnement ("Je n'ai qu'un paysage, des visages refermés, des logements qui puent la merde avec une vue sur le RER B"), que pour dénoncer, un autre domaine dans lequel le rappeur est très fort ("Comprenez que dans nos têtes c'est le foutoir, Jean-Marie Le Pen est un porc plus dangereux que le port du foulard"), pour nous toucher au cœur, ou simplement pour nos choquer : "Je suis le commerçant, le pharmacien, depuis 20 ans dans le quartier j'ai vu grandir mes futurs assassins". On ne dit pas que Sinik a révolutionné la punchline, mais la simplicité, l'efficacité et le côté percutant de son écriture ont quelque chose de très puissant.

Des petites pépites méconnues

L'album "Sang Froid" peut paraître parfois un peu inégal, notamment lorsqu'on compare les morceaux en featuring avec Tunisiano et Kayna Samet, à ceux où Sinik livre ses tripes sur l'instrumentale, ou kicke sa rage de banlieusard pendant de longs couplets. Forcément, tous les morceaux n'ont pas eu le même succès, ou les mêmes rotations en radio, et il y a des titres dont vous ne vous rappelez peut-être même plus. On pense à "Bonhomme", notamment, ou encore à "Règlement de comptes", la réponse de Sinik à Kizito, très violente, qui se cache à la fin de "Zone Interdite", autre bon morceau de l'album. Les prods ont forcément pris un petit coup de vieux, mais ça reste lourd !

Parce que "Si Proche des Miens"

Pour ceux qui ont 30 ans ou plus, c'est forcément toujours les mêmes frissons quand on entend ces quelques notes de piano de l'instru culte de "That's my people", remixée ici par Tefa et Masta. Le luxe de pouvoir s'offrir un feat avec Kool Shen, sur une instru classique du rap français, ce n'est pas donné à n'importe qui. Et poser ce premier couplet, dans lequel Sinik rappe clairement pour ses gars, avec autant de maîtrise et de phases touchantes par le côté respectueux et réaliste ("Pour les vrais gars qui attendaient que mon heure sonne, qui ont toujours acheté l'album et refusé que je leur donne"), ça aussi, ce n'est pas donné à tout le monde. Kool Shen, en ancien, nous livre encore un couplet excellent, avec des placements assez fous, et le troisième couplet rappé à deux qui frappe encore très fort. Bref, un vrai bel hommage au morceau original !



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