De nombreux artistes, notamment dans le rap, se plaignent du recul de la liberté d'expression en France, et ils ont tout à fait raison. Les politiciens, notamment classés à l'extrême droite, multiplient les procès depuis quelques années et récemment, c'est par exemple Kerchak qui a été visé par des plaintes du RN pour ses paroles dans le morceau "No Pasaran". Mais dans d'autres pays, la situation n'est pas forcément meilleure : le rappeur marocain Mehdi Black Wind est incarcéré au Maroc depuis le 10 juillet, à cause de ses textes assez virulent à l'encontre du gouvernement et du pouvoir.
On ne va pas mentir, on ne connaissait pas très bien le rappeur avant cette incarcération, car la scène marocaine est bouillonnante et il est difficile de suivre tous les artistes émergents. Mais forcément, le fait qu'un artiste soit mis en prison pour ses textes devrait tous nous interpeller, et c'est pour ça qu'on choisit d'en parler. Mehdi Black Wind, El Mahdi Lyoubi de son vrai nom, est actif depuis plus de 15 ans sur la scène marocaine. A la fois rappeur et cinéaste, il n'a pas cessé de protester contre les inégalités dans son pays depuis le Printemps Arabe de 2011, critiquant le gouvernement pour son incompétence sur le sujet.
Il était également impliqué dans plusieurs manifestations récentes de son pays, notamment GenZ 212, mouvement qui s'est déclenché après la mort de 8 femmes lors d'un accouchement à un hôpital d'Agadir, par faute de moyens et de personnel, et réclamant "de meilleures structures de santé, une éducation digne pour tous, ainsi que l’arrêt de la corruption". De quoi légitimement déclencher la colère de la jeunesse, avec cette impression d'être mise à l'écart et de n'avoir que peu de perspectives d'avenir. Certaines de ses chansons, critiquant notamment l'emprise du capitalisme occidental, ont été reprises lors de récentes manifestations, et il a été arrêté alors qu'il préparait justement un documentaire sur la question de la liberté d'expression dans son pays.
On lui envoie évidemment toute notre force, et on est tristes de constater que, dans plusieurs pays du monde, y compris la France ou le Maroc, la liberté d'expression recule sous les coups de puissances politiques toujours plus conservatrices. A l'image du rappeur Soli chez nous, récemment visé par une plainte de Jordan Bardella qui, on l'espère, n'aboutira pas.
























