William Lebghil devient rappeur pour le film "Yves" !

William Lebghil devient rappeur pour le film "Yves" !

Dans "Yves", qui sort ce mercredi, le comédien William Lebghil joue le personnage de Jérem, un rappeur-loser qui vit dans la maison de sa grand-mère et compose dans son garage. De bonne volonté mais pas forcément très doué, Jérem aura besoin d’aide pour percer, tout le contraire de William qui a repris goût au rap en travaillant pour ce film.

Que connaissais-tu du rap avant de commencer ce film ?

J’avais beaucoup écouté "L’école du micro d’argent" quand j’étais en primaire, un peu le Saïan Supa Crew, les Neg’Marrons, 113, Mafia K’1 Fry, Sniper, Salif. La fin de la primaire a été ma période rap, j’étais aussi touché par 50 Cent et Eminem, également par leurs films. Ensuite, j’ai pris de la distance. C’est revenu quand j’ai tourné "La fine équipe", un film sur un groupe de rap, Doudou Masta notamment m’a replongé dedans. Mais j’avais de l’amour pour le rap des années 90. Là, quand on a commencé à travailler sur "Yves", le réalisateur m’a envoyé plein de références, notamment d’artistes belges comme Roméo Elvis ou Caballero et JeanJass. Je me suis aussi intéressé aux rappeurs de la scène d’Atlanta comme Future ou Lil Yatchy et j’ai découvert des trucs qui m’ont fait kiffer. J’ai aussi accroché à la musique de PNL. C’est cool, j’ai découvert plein d’artistes et plein de choses. Je me suis aperçu que le rap était un monde foisonnant avec une grande histoire. Cela m’a tellement intéressé que je me suis aussi repenché à ce qui se passait au début avec Grand Master Flash etc. C’est passionnant.

Dans le dossier de presse, le réalisateur raconte qu’il t’a envoyé avec des rappeurs pour que tu prennes l’attitude, en quoi ça consistait ?

J’ai travaillé pendant un mois avec Tortoz et MiM qui a produit pour Disiz et qui m’expliquaient que être rappeur c’est aussi une question de personnage. Quand je passais une journée avec Tortoz, je voyais bien qu’il avait son personnage mais que pendant la journée, c’est un mec comme un autre, hyper simple. Mais quand il passe derrière le micro, il a son attitude, son flow, sa signature vocale. Et c’est aussi ce qui m’intéressait dans le rôle Jérem, c’est un mec comme un autre mais quand il fait son clip, il essaie d’avoir une attitude et de se créer un personnage. Il a des lunettes de soleil, des grillz, il est entouré de filles. Ce n’est pas tout à fait le même type que celui qui fait sa musique dans son garage. Pour l’attitude, le mot d’ordre, c’est le même que celui du morceau : carrément rien à branler. Pour ça, je me suis vachement inspiré des rappeurs belges parce que je les aimais bien et que je les trouvais vraiment carrément rien à branler pour le coup. Caballero et JeanJass sont vraiment comme ça je pense.

 

Que t’as réellement appris Tortoz ?

Il m’a tout simplement appris à rapper. Je chante tous les morceaux du film sauf un, celui de L’Eurovision. Au début, je me suis beaucoup marré et plus ça allait, plus je me prenais au jeu. Rentrer très sérieusement dans l’élaboration d’un titre, c’est un vrai travail car c’est hyper technique de poser sur la bonne mesure. J’ai eu des moments où c’était hyper galère où Tortoz me faisait recommencer en me disant : "non, tu ne l’as pas là". Tu refais, tu refais, tu refais, tu essaies de trouver le bon truc pour ça breake au bon moment. C’était très intéressant. J’ai toujours aimé chanter et ça m’a aidé car Tortoz posait un lead et après je pouvais refaire à ma sauce. Je crois que s’il n’avait pas fait ça, il y a des choses que je n’aurais jamais pu faire. J’ai essayé mais c’est vraiment très difficile. Il faut aussi une espèce de don d’écriture et une rapidité, une efficacité pour capter le truc rapidement. J’ai vu Tortoz écouter une prod, monter une demi-heure puis revenir avec une vibe et ensuite ajouter et poser le texte et boum, c’est bon. Et toi, tu es là : ah ouais d’accord…

Te sens-tu crédible comme rappeur maintenant ?

L’objectif pour le réalisateur, c’était qu’on croit à ce frigo intelligent et qu’on croit aussi au fait que je sois rappeur et je pense que ça fonctionne. Après, je ne me lancerai pas seul dans un album ! Mais pour le film, je suis très content du résultat.

Il y a aussi un battle dans le film…

On a beaucoup répété ce passage. J’ai regardé tous les Rap Contenders avec Nekfeu etc. J’ai trouvé ça génial, il y a des passages vraiment cultes. Là aussi il y a un vrai travail d’acteur.

Que vas-tu garder de cette expérience ?

La passion du rap. Ça m’a complètement lavé le cerveau. J’ai découvert une diversité folle, j’ai écouté du rap japonais, The Antwoord qui sont sud-africains, du rap hardcore, des bangerz… Ce qui est fascinant, c’est que j’avais une vision un peu vieillotte de quelque chose qui n’était pas très varié et en fait, tu découvres des chefs-d’œuvre comme Kendrick Lamar ou certains titres de Kanye West. J’ai aussi essayé de rattraper mon retard, ça m’a passionné et pendant le film, je n’écoutais que ça.

Propos recueillis par Grégory Curot

 



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