BORO700 jugé pour apologie du terrorisme : un an de prison avec sursis et 10 000 euros d'amende requis contre le rappeur

BORO700 jugé pour apologie du terrorisme : un an de prison avec sursis et 10 000 euros d'amende requis contre le rappeur

Le rappeur BORO700, âgé de 19 ans, comparaissait mercredi 21 octobre devant le tribunal correctionnel de Paris pour apologie du terrorisme et menaces de mort. Plusieurs de ses chansons, faisant référence à Mohammed Merah, Salah Abdeslam ou encore Oussama ben Laden, sont au cœur des poursuites. Le parquet a requis un an de prison avec sursis, 10 000 euros d'amende et une interdiction temporaire d'a

Une polémique musicale qui se retrouve devant la justice. Ce mercredi, le rappeur BORO700, de son vrai nom Bryan S., a dû s'expliquer devant le tribunal correctionnel de Paris sur les paroles de plusieurs de ses morceaux.

Le jeune artiste est notamment poursuivi pour apologie du terrorisme après la diffusion de deux chansons, M*R*H et NDDB #6, dans lesquelles il fait référence à plusieurs auteurs d'attentats.

Son titre Contrat, dans lequel il évoque la préparation d'un attentat, lui vaut également des poursuites pour menaces de mort.

Des paroles reprises par des lycéens lors de manifestations

L'affaire a pris une nouvelle dimension en octobre lorsque des vidéos ont montré des lycéens scandant des paroles du morceau M*R*H lors de manifestations.

Certaines scènes ont notamment été filmées dans une église en Vendée, entraînant l'ouverture de procédures judiciaires visant des participants.

Dans sa chanson, BORO700 cite Mohammed Merah, responsable des assassinats de sept personnes à Toulouse et Montauban en 2012, dont trois enfants d'une école juive, ainsi que Salah Abdeslam, seul membre encore vivant des commandos des attentats du 13 novembre 2015.

Interrogé sur ces références, le rappeur a contesté toute volonté de glorifier les actes terroristes.

"C'est des noms, c'est des noms", a-t-il répondu aux magistrats.

Il affirme également avoir ignoré certains détails des crimes commis par Mohammed Merah.

"Je connaissais pas cette histoire qu'il a tué des enfants", a-t-il notamment assuré.

Concernant les paroles de Contrat, le jeune homme explique avoir simplement voulu évoquer l'impact qu'il espérait avoir dans le rap français.

Le parquet demande une interdiction d'accès à YouTube

Pour la procureure, les textes du rappeur ne se limitent pas à de simples références historiques.

Elle estime qu'en évoquant les auteurs d'attentats, BORO700 cherche à valoriser leur caractère "insaisissable, imprenable, voire leur invincibilité".

L'accusation considère que ces paroles mettent en avant la puissance et la domination associées aux terroristes cités.

Le ministère public a donc requis un an de prison avec sursis, 10 000 euros d'amende et six mois d'interdiction d'accès à sa chaîne YouTube.

Dans ses observations écrites, son avocate, qui avait demandé sans succès le report du procès, a notamment invoqué la jeunesse, l'immaturité et les importantes lacunes historiques de son client.

De son côté, la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (Licra), partie civile, a insisté sur l'influence que peuvent avoir les paroles de chansons sur leur public.

Le tribunal rendra sa décision le 14 décembre prochain.


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