Les procureurs britanniques veulent relancer une charge terroriste contre un rappeur de Kneecap

Les procureurs britanniques veulent relancer une charge terroriste contre un rappeur de Kneecap

Un tribunal britannique examine aujourd’hui l’appel du parquet visant à réintégrer une accusation de terrorisme contre Liam Óg Ó hAnnaidh, alias Mo Chara, membre du groupe de rap irlandais Kneecap, après qu’une procédure antérieure ait été annulée pour des raisons de forme. L’affaire met en lumière les tensions entre expression artistique, politique et justice.

À Londres ce mercredi, les procureurs britanniques ont déposé un appel devant la High Court pour tenter de relancer une accusation de terrorisme contre Liam Óg Ó hAnnaidh, plus connu sous son nom de scène Mo Chara, membre du groupe de rap irlandais Kneecap. Cette affaire, qui a déjà enflammé les médias et alimenté un débat sur la liberté d’expression, marque un tournant dans une longue bataille judiciaire.

La procédure initiale, menée en 2025, visait à poursuivre Mo Chara pour avoir brandit un drapeau de Hezbollah — un groupe considéré comme organisation terroriste au Royaume‑Uni — lors d’un concert à Londres en novembre 2024. Les autorités affirment que ce geste, associé à des propos controversés, a constitué un soutien présumé à des organisations proscrites. Mais en septembre dernier, la justice britannique avait annulé cette accusation car la procédure avait été entamée sans l’autorisation requise du Directeur des poursuites publiques et du procureur général, et qu’elle avait été déposée en dehors du délai légal de six mois. Pour ces raisons, le dossier ne pouvait pas être poursuivi.

Dans l’audience d’aujourd’hui, les procureurs soutiennent que ces autorisations ont bel et bien été obtenues à temps — avant la première comparution du rappeur devant la justice — et que la décision judiciaire antérieure devrait être reconsidérée. Si la Haute Cour accepte cet argument, l’affaire pourrait reprendre une nouvelle étape, avec toutes les implications juridiques et politiques que cela comporte.

Pour sa part, Kneecap et ses partisans dénoncent cette démarche comme motivée politiquement. Le groupe, connu pour ses textes engagés et ses critiques virulentes de la politique internationale — notamment en lien avec le conflit au Moyen‑Orient — a affirmé que la poursuite ne vise pas à lutter contre le terrorisme mais plutôt à détourner l’attention de questions politiques plus larges. Sur les réseaux sociaux, ils ont qualifié cette affaire de « chasse aux sorcières » et ont souligné qu’ils n’ont jamais soutenu ni Hamas ni Hezbollah — ils ont ajouté que le drapeau exposé aurait été jeté sur scène par un spectateur et que leur art ne doit pas être criminalisé.

L’affaire a déjà eu des conséquences concrètes pour le trio : ils ont été interdits d’entrée en Hongrie et au Canada, et une tournée américaine a été annulée en raison de contraintes judiciaires. Leur activisme, combiné à leur musique, continue de susciter un débat complexe entre liberté artistique, politique et sécurité.

F. Nava



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