Young Chang MC : son interview pour Generations

Young Chang MC : son interview pour Generations

Young Chang MC s'est confié dans une interview exclusive pour SK & LNA.

Aux Antilles, le temps est passé, mais les fans de Young Chang MC attendaient son retour depuis longtemps. Le Guadeloupéen s’est mis au travail et en mars dernier, il a sorti son album, "Faim de Promenade". À cette occasion, il est passé nous rendre visite.

En 2021, tu as travaillé avec beaucoup de Caribéens, penses-tu que vôtre moment est enfin arrivé dans le game ?

Oui. Je pense à Chapo, Heizenberg, Finvy, Mufasa et encore beaucoup de personnes qui sont déjà sur la scène nationale. En ce qui concerne les rappeurs caribéens, ça se passe de mieux en mieux. Il y a Tiitof, Kalash, Meryl, on commence à être représenté sérieusement. Je parle de "commencement" parce qu’on est beaucoup.

À qui penses-tu quand tu parles de "représentation" ?

Il y a des pionniers qui nous ont aidés à prendre nos marques. Par exemple, Admiral T a beaucoup travaillé, il a fait des Zéniths, des featurings avec des gens en place, ça a participé à notre reconnaissance et il faut poursuivre dans cette direction.

Dans ton cas, tu poursuis avec le projet, "Faim de Promenade", homophone avec "fin", qu’est-ce que tu essayes de nous dire dans ce titre ?

Ça fait bien sûr référence à la détention et à la fin de mon incarcération, mais surtout à la dalle. On a faim de ce game, on doit graille notre place et on montre notre légitimité. Le game francophone est très éclectique, avant, on n'avait pas de sonorités afro/caribéennes sur les projets de rap français. Cette évolution permet aussi à des personnes comme nous de proposer une autre couleur à la musique.

Tu parles de la détention, tu es sorti de prison en septembre, comment s’est organisé ton temps pour la musique jusqu’à maintenant ?

Si je suis assis devant vous à cette heure-ci, c’est que je n’ai fait que charbonner. Il s’est écoulé six mois depuis septembre et on a fait que ça, de la musique. On a monté notre structure, Abboyz Music, avec mon associé, on a repris le concept "Les lyrics de la semaine", c’est-à-dire un freestyle par semaine et ça a bien fonctionné sur les réseaux sociaux. Tout ce travail a payé donc on a mis l’accent sur ce projet et me voici maintenant avec "Faim de Promenade".

Qu’est-ce qui t’a aidé à tenir quand tu étais incarcéré ?

(rires) Je pense que tout le monde sait, on a dû pousser dans l’interdit. La musique a été un exutoire, mais je dois énormément à ma famille et ceux qui ont continué de faire vivre ma musique. Aussi, je recevais des lettres de mon public.

Le créole dans ta musique, est-ce simplement un réflexe ou y a-t-il une volonté de transmettre cette langue ?

Tu as tout dit. Il y a une forte volonté de promouvoir la culture, le patrimoine et il y a aussi une histoire de réflexe, c’est systématique. Je suis né en France et je suis retourné en Guadeloupe par la suite, je suis hybride, j’ai le réflexe de dégainer dans les deux langues. Ensuite, il y a bien sûr une histoire de sonorité quand tu fais la topline d’un morceau, il y a des sonorités qui se rapprocheront plus d’une langue ou de l'autre.

Est-ce qu’il y a des gens qui tu n’as pas eu le temps de capter étant donné que les choses se sont faites rapidement ?

Oui, il y a des reufs qu’on n'a pas eu le temps d’avoir sur le projet et il y a des morceaux qu’on garde pour plus tard. On a surtout souhaité réunir des personnes qui ont des couleurs différentes sur "Faim de Promenade". Railfé a son style, c’est un trapman, Tiitof et Marginal sont Martiniquais et pourtant, ils sont totalement différents, et c’est pareil pour T Kimp Gee qui est de Guadeloupe.

Tu as bossé avec Saik et SamX et beaucoup d’autres, quels rapports entretiens-tu avec ces artistes maintenant ?

On a tous grandi, mais l’incarcération nous a bien sûr éloigné, tout le monde n’a pas pris la décision de rester, tandis que d’autres prennent encore de mes nouvelles. En ce qui concerne Genesiz, on avait déjà commencé à faire chacun notre bout de chemin de nos côtés à l’époque, mais je big-up toutes les personnes avec qui j’ai travaillé. Je n’oublie pas d’où je viens et je sais ce que je leur dois, pourquoi pas faire un projet avec tout le monde un jour… Je n’écarte pas cette idée, au contraire.

Avant de nous quitter, pourquoi il faut streamer "Faim de Promenade" ?

Il y a des tracks pour chauffer le lit, des sons sucrés, doux, d’autres qui peuvent être écoutés quand tu fais ton sport ou même quand tu rentres le soir et que tu roules ton pet ou bien d’autres pour réfléchir. Je blague, mais je défends ce projet, car c’est un concentré de ce que je sais faire. Les Caraïbes ont la chance d’avoir beaucoup d’influences et c’est ça "Faim de Promenade", il y a des sons drill, d’autres plus afro beat, dancehall, il y a de tout.

 

Elena Oliveri



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