Gims : son interview dans Paris-Match

Gims : son interview dans Paris-Match

Le rappeur fait la couverture de l'hebdomadaire.

Gims est donc officiellement devenu un phénomène. Non pas que nous en doutions mais une couverture de Paris-Match sur laquelle se succède normalement people et politiques montrent tout le chemin parcouru par le rappeur, passant en quelques années du 9e arrondissement de Paris à la France entière, des MJC au stade de France. Dans Paris-Match, l'artiste ne parle pas vraiment de musique mais raconte sa France et donne son avis sur la société, le racisme et les manifestations qui secouent les Etats-Unis après les violences policières. Surtout, sa présence en couverture montre que le rap s'impose aujourd'hui comme le courant musical dominant en France dont Gims est un des plus illustres représentants.

LE RACISME

 "J'ai rencontré des gens incroyables en France, je ne suis pas dans cette haine de Noir, de Blanc. J'ai toujours été contre le racisme et contre l'injustice. Je l'ai connue gamin, l'injustice, donc je préfère la subir que la commettre. Et c'est pour ça que je me sens comme un justicier. Je ne suis pas tombé dans la haine parce que je suis intelligent. Je le dis sans orgueil ni vantardise. J'ai toujours eu le recul nécessaire. Bizarrement, aujourd'hui en 2020, j'en souffre plus que dans les années 90 ou qu'au début des années 2000. Ce qu'il s'est passé avec George Floyd, avec cet Américain qui a pris sept balles dans le dos, avec cet entraîneur lors du match PSG-Istanbul, sans parler de Michel Zecler [producteur lynché par des policiers en novembre à Paris, ndlr]... Je le connais Michel, il apparaît même dans des clips de Sexion D'Assaut. Mais là, il se fait interpeller puis tabasser. Et on ne sait pas pourquoi. Je me demande d'où vient le problème : est-ce que c'est une question d'éducation ? Une défaillance mentale ? J'essaie de comprendre pourquoi nous en sommes là. On en parle, on le voit mais on n'a toujours pas trouvé le pourquoi du comment."

 BLACK LIVES MATTER

"Le fait de devoir proclamer que la vie d'un Noir compte est une dinguerie absolue. On complique les choses. Il faut dire que ce n'est pas bien, que c'est inadmissible, mais ce slogan-là, je ne me le tatouerais pas sur le dos. Ça veut dire quoi, "ma vie compte" ? "Je suis noir, il ne faut pas me tuer" ? C'est s'amoindrir que de dire ça. Les actes sont plus parlants que les mots. Une victoire se passe de commentaires, de justifications, d'arguments. Ma victoire, celle d'Obama et j'en passe, ce sont des modèles forts. Et on peut les compter, on n'est pas nombreux. On sera pris au sérieux quand on aura des sénateurs, des avocats, des juges. Malheureusement, c'est comme ça que les gens qui ont la même couleur de peau que moi seront entendus. Pour être considéré, il faut avoir accès à ces postes. On est trop représentés dans la musique ou dans le sport, il faut se diversifier."

LA POLITIQUE

 "En France, jamais. Mais au Congo, peut-être. Ce n'est pas une compétition des Noirs contre les Blancs, mais il faut avancer dans cette direction pour que les mentalités changent. Qu'on arrête de dire : "J'ai un médecin, c'est un Noir mais il est bon" ou "J'ai un avocat, il est super fort, c'est un Noir mais il est fort."

Et pour donner de la visibilité à combat vers l'égalite, Gims a la solution : "plus d'interviews comme celle-ci. Plus de couvertures de Paris-Match." CQFD



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