Rachelle Allison se livre dans une interview exclusive !

Rachelle Allison se livre dans une interview exclusive !
Rachelle Allison

La chanteuse Guadeloupéenne, Rachelle Allison, s'est livrée à Générations pour la sortie de son single "Pitché" en featuring avec Matieu White !

Hello Rachelle, peux-tu te présenter pour ceux qui ne te connaissent pas encore ? 

Je suis Rachelle Allison, je suis chanteuse, j’ai grandi en Guadeloupe. J’évolue dans un style afro-urbain. Je ne saurai pas donné une catégorie précise, Reggae, dancehall, R&B...

Comment la passion pour la musique t’est-elle venue et à quel âge as-tu commencé à chanter ? 

J’adorais chanter quand j’étais petite, je ne sais pas précisément à quel âge j’ai pris conscience que je maitrisais mon organe. J’ai un souvenir d’enfance dans lequel je regardais pour la 2ème ou 3ème fois "Sister Act 2" avec ma sœur, et j’ai chanté pendant la scène finale et ma sœur m’a regardé, l’air choqué, et m’a dit "Tu sais chanter ??? ". J’ai commencé à fréquenter les studios à 14 ans. J’ai décidé de me lancer à 22 ans.

Tu as vécu en France et en Guadeloupe, comment ces lieux t-ont-ils influencé dans ta musique ? 

Ce ne sont pas les lieux à proprement parler qui auraient pu m’influencer mais les tendances médiatiques. Quand on est artiste et qu’on n’a pas encore cette exposition qui permet de vivre de notre art, on passe par cette phase où l’on voudrait plaire au plus grand nombre et donc on est tenté de se laisser influencer par les tendances du moment. Je l’ai plutôt ressenti en Guadeloupe où on m’a souvent répété que ma musique n’était pas assez locale. Et finalement ça m’a rempli la tête de doutes, j’ai pu perdre confiance parfois, je n’arrivais plus à créer spontanément. Et j’ai finalement décidé de faire de la musique en mettant de côté les attentes des autres, parce que le plus important, c’est d’abord mon épanouissement. Ça passe ou ça casse. Peu importe où je serai, en France, au Japon ou en Colombie, je garderai les mêmes réflexes : une vibe R&B, un flow dancehall, à la limite du rap chanté parfois.

Qui est l’équipe artistique qui t’entoure pour ta création ? 

Dans la création nous sommes deux. Mike Saint-Auret, mon DA et toplinner, me trouve les instrus et parfois me propose des toplines. 

Tu as sorti le morceau "Pitché" en featuring avec Matieu White, peux-tu nous expliquer comment cette collaboration a eu lieu et comment cela s’est-il passé ? 

J’ai été voir Matieu White en prestation, à la fin du show nous avons fait connaissance et j’en ai profité pour l’inviter sur mon projet. Nous avons choisi une instru ensemble en studio en Guadeloupe puis travailler le titre ensemble en studio à Paris. Ça a été fluide, naturel et rapide ! Une bonne énergie, une volonté partagée de donner le meilleur et de faire le tube de l’année ! On ne voulait pas donner aux gens ce qu’ils attendent mais plutôt les surprendre ! On connait le côté sensuel et direct des textes de MW sur le dancehall, on qualifie ma musique de "musique de chambre", on pourrait s’attendre à un slow wyne à la limite de l’érotisme. Et bien non ! Il y a tout de même quelques subtilités dans les paroles qui ne trahissent pas notre signature lyricale.

Pour la sortie de ce clip vous avez beaucoup teasé sur les réseaux sociaux avec la "Mission Pitché", comment ce thème d’agent secret t’a-t-il été inspiré ? 

Alors pour la petite histoire, avant le confinement notre équipe avait prévu de miser sur "Famn Sé Dyab", le titre que j’ai interprété lors du Planète Rap de Meryl. On avait imaginé un scénario dans le même calibre, en mode film. L’idée c’était de me mettre en mode Sharon Stone dans le film "Basic Instinct" avec la fameuse scène mythique de l’interrogatoire. Finalement, il a fallu faire un choix et ne pas perdre de temps. Nous sommes restés sur l’idée du clip film pour le titre "Pitché" en s’inspirant du film "Mr & Mrs Smith". La collaboration avec l’humoriste Mr Stan a été très inspirante et le scénario final a été décidé après plusieurs jours de discussion.

Tu as sorti le morceau "Famn sé dyab" en avril dernier, qui signifie "les femmes sont le diable". On sent dans ta musique que la place de la femme et la question de la sensualité sont des sujets qui reviennent régulièrement. Qui sont les différentes personnalités qui t’inspirent pour ce thème ? 

Personne en particulier. Ce n’est pas une ou des figures féminines qui m’inspirent mais la Femme en générale. Mon histoire, mes frustrations, mon expérience, celles de mes proches, de mes amies, les faits de société.

Tu as dit dans une interview en 2018 que les femmes de la musique afro caribéennes n’étaient pas assez exposées, quel regard portes-tu sur cela aujourd’hui ? 

Il y a 2 problématiques : la scène locale et la scène nationale. Aux Antilles, les femmes n’évoluant pas dans le zouk avaient un vrai problème de visibilité. Aujourd’hui c’est beaucoup moins le cas il faut l’admettre, mais c’est encore palpable. Au niveau national, que ce soient les hommes ou les femmes, les antilles françaises ont très peu de visibilité. Et même si les portes s’ouvrent petit à petit, ça reste largement insuffisant. C’est extrêmement frustrant de constater que les sonorités caribéennes sont plus que présentes sur la scène nationale mais pas les artistes caribéens.

Tu as aujourd’hui beaucoup de collaborations à ton actif : Admiral T, Kéros-N, Pompis de Guyane, Likkle Mimi du Congo, et maintenant Matieu White… Quels ont été tes featurings les plus marquants et y en a-t-il de nouveaux qui vont arriver par la suite pour tes futurs projets ? 

Les plus enrichissants je dirais, sont ceux avec qui j’ai eu la chance de travailler en direct et pas par envoi de maquette. Bien sûr qu’il y en aura d’autres, il n’y a plus de secret sur le fait que j’ai un titre avec Jok’air, ou encore Mata.

Quelles sont tes projets pour la suite ? Verra-t-on un nouveau projet voir le jour dans les mois qui arrivent ?

Mon prochain EP "Si j’étais pire" est prévu pour novembre. Celui d’après, 2ème trimestre 2021. Et ce n’est évidemment pas fini.