Validé : la série du réel

Validé : la série du réel

La série sur le rap "Validé" débute ce soir sur Canal+.

Quand on parle de rap dans une fiction, que ce soit dans un film ou une série, on a toujours tendance à en faire trop. Trop dans les clichés, trop dans le côté cité, cailleras, trafic de drogue etc… "Validé" n’occulte pas cet aspect, surtout pas. Car derrière la réussite, il y a aussi la galère et les deux sont intimement liés. On n’échappe à la rue et à ses vices aussi facilement… Et même s’il y a quelques invraisemblances (on n’a jamais vu quelqu’un faire de concert sans répétitions), c’est une série qui s’ancre totalement dans la réalité du rap français.

Déjà parce qu’on y croise des artistes majeurs du rap français et on ne parle pas que d’Hatik qui explose autant comme acteur que comme rappeur ou de Sam’s qui confirme lui aussi son double talent, mais bien de Kool Shen, Chris Macari, Screetch de Daymolition, Dry, Busta Flex, Ninho, Driver, Lacrim et on en oublie. Les guests ne sont pas là uniquement pour apporter une crédibilité à l’histoire : ils sont le rap français, son essence, son histoire. Et outre les personnages, il y a aussi les lieux : Skyrock, Universal même s’ils n’ont pas toujours le même nom.

Mais surtout "Validé" n’occulte rien, elle n’expose pas le parcours d’un jeune rappeur qui explose du jour au lendemain sous la forme d’un conte de fée. Non, "Validé" a bien les deux pieds dans la vie réelle, avec ses bons comme ses mauvais côtés. Franck Gastambide expose les problèmes de contrat, les grands du quartiers qui ont souvent payé les premières démos et qui se sentent floués quand leur artiste obtient du succès avec d’autres, les jaloux qui veulent croquer, les fins de mois difficiles malgré le succès et le retour au biz pour financer un nouvel album…

Pour ceux qui connaissent un peu ce monde de l’intérieur, ils vont s’y reconnaître ou reconnaître des situations qu’ils ont vécue ou dont on leur a parlé, le rap français fourmille d’exemples comme ceux décrits de la série, il faut croire que Gastambide, qui connaît bien ce milieu, est aussi très bien renseigné sur ses us et coutumes. Et pour ceux qui sont fans de rap mais qui ne savent rien des coulisses, attendez-vous à découvrir l’envers du décor. Et parce que le rap n’est pas une musique comme les autres, la route vers le sommet n’est pas aussi droite que pour d’autres artistes. Le rap a une sociologie particulière et elle est très bien représentée ici. On n’occulte rien, les réussites comme les échecs, on parle d’argent même si les chiffres ne sont pas forcément les bons, on négocie des contrats, on quitte parfois l’art pour rentrer dans le business. Et aussi, on ne coupe pas à la jalousie des stars qui prennent mal que toute la lumière ne soit plus sur eux et qui n’ont pas une envie folle de la partager.

La force de "Validé" c’est aussi de donner les rôles principaux à des gens qui sont issus du rap game et à des acteurs qui en sont fortement influencé, Gastambide en tête. Mais en ayant deux rappeurs dans les premiers rôles, il a su trouver une légitimité que même les puristes devront reconnaître. On ne peut ni enlever à Sam’s, ni à Hatik le fait qu’ils soient rappeurs avant d’être acteurs et que ce qu’ils vivent à l’écran, ils l’ont sans doute vécu en vrai, ce qui donne une force incroyable à la série, un peu comme si le rôle principal de "Narcos" était vraiment un gros dealer colombien…

Grégory Curot



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