Jay-Z : ses paroles vaudraient plus qu'un milliard de dollars

Jay-Z : ses paroles vaudraient plus qu'un milliard de dollars
"Son don vaut plus d'un milliard de dollars", estime Nuri Muhammad à propos du talent artistique de Jay-Z, dans une traduction de l'anglais. - DR

Pour Nuri Muhammad, le talent de Jay-Z pourrait avoir davantage d'impact sur les communautés noires qu'un don d'un milliard de dollars. Invité du podcast "Club Shay Shay", le prédicateur américain défend une vision du rap où l'influence des artistes dépasse largement leur fortune.

Jay-Z est devenu l'un des symboles les plus connus de la réussite financière dans le hip-hop. Mais pour Nuri Muhammad, membre de la Nation of Islam, la véritable richesse du rappeur new-yorkais ne se mesure pas uniquement en dollars.

Lors d'un échange avec Shannon Sharpe dans le podcast "Club Shay Shay", le prédicateur a estimé que le talent d'écriture de Jay-Z pouvait constituer un levier de changement plus puissant qu'un don financier.

"Son don vaut plus d'un milliard de dollars", a-t-il déclaré, selon des propos rapportés par AllHipHop, dans une traduction de l'anglais.

L'idée défendue par Nuri Muhammad ne consiste pas simplement à minimiser l'importance de l'argent. Il invite plutôt les artistes à utiliser leur musique et leur notoriété pour sensibiliser, transmettre des messages et contribuer à l'évolution de leur communauté.

Quand le hip-hop portait un message politique et social

Pour illustrer son propos, Nuri Muhammad a évoqué une époque où le rap occupait une place centrale dans la prise de conscience sociale et politique des communautés afro-américaines.

Il a notamment cité Public Enemy et Ice Cube, deux figures associées à un hip-hop engagé, capable d'aborder frontalement les discriminations, les inégalités et les réalités sociales.

Selon lui, des artistes dotés d'une influence comparable à celle de Jay-Z pourraient mobiliser leur talent d'écriture pour prolonger cette tradition.

Jay-Z, déjà engagé au-delà de la musique

Cette prise de position intervient alors que Jay-Z possède déjà un historique d'engagements philanthropiques et sociaux.

Avec sa mère Gloria Carter, le rappeur a notamment créé la Shawn Carter Foundation, qui accompagne des étudiants issus de milieux défavorisés grâce à des bourses et des programmes éducatifs.

Il a également participé au lancement de REFORM Alliance en 2019, aux côtés notamment de Meek Mill. L'organisation travaille sur les réformes du système de justice pénale américain, particulièrement autour de la probation et de la liberté conditionnelle.

Son engagement est aussi passé par l'audiovisuel. Jay-Z a notamment été producteur exécutif de la série documentaire "TIME: The Kalief Browder Story", diffusée en 2017, ainsi que de "Rest in Power: The Trayvon Martin Story", sortie en 2018.

Pour Nuri Muhammad, ces initiatives n'effacent pas le potentiel propre à la musique : un artiste peut soutenir financièrement une cause, mais aussi influencer les mentalités à travers ses textes.

Une réflexion qui replace le rôle culturel et social du hip-hop au centre du débat, au-delà des fortunes accumulées par ses plus grandes stars.