Karima : ce que l'on sait sur son décès

Karima : ce que l'on sait sur son décès

Le Parisien a retracé le parcours de la chanteuse.

La semaine dernière, Sat de la Fonky Family, annonçait publiquement la mort de Karima connue pour être la voix du refrain du tube "Bad Boys de Marseille" et pour sa participation à l'album "Métèque et Mat" d'Akhenaton. Sa famille a confirmé au Parisien qu'en réalité la chanteuse était décédée le 9 avril 2019 à Marseille des suites d'une longue maladie à seulement 46 ans mais qu'ils avaient souhaité ne pas rendre l'information publique.

Dans son article, Le Parisien interroge Majid, un de ses amis proches, le seul qui avait posté un message sur les réseaux sociaux quelques semaines après sa mort.

"Je l'ai connue en 1995. Elle avait participé à un concert à Strasbourg avec la Fonky Family. J'avais monté un des premiers groupes de rap en Alsace, en 1989. Quelqu'un lui avait donné mon nom et on s'est parlé pour évoquer des projets futurs. J'aimais ce qu'elle faisait, j'étais amoureux de sa voix, une voix d'or."

La jeune femme est alors invitée par AKH pour chanter sur son premier album, "Métèque et Mat". Avec son refrain sur le tube "Bad Boys de Marseille", Karima rencontre le succès. Elle chante aussi sur deux autres morceaux de l'opus d'Akhenaton, "Je ne suis pas à plaindre" et "Au fin fond d'une contrée". Un parcours confirmé par DJ Djel , DJ de la FF, interrogé par lui aussi par le quotidien..

"A cette époque Akhenaton préparait un album en solo et avait invité la Fonky Family. Elle avait une voix formidable, elle était vraiment différente. On a eu envie, à cette époque, d'intégrer une voix féminine. Nous sommes ensuite partis en tournée".

Finalement, la musique de la FF devenant de plus en plus hardcore, Karima ne poursuivra pas l'aventure. Une orientation confirmée par DJ Djel lors d'une récente interview pour France 3.

"Nous avons choisi à ce moment-là des chansons plus engagées. On a pris un virage plus endurci, plus rap que chant. La présence d'une voix féminine n'était plus nécessaire."

Les liens se distendent tellement que Djel apprend sa mort par un ami. 

"Elle est visiblement décédée au printemps 2019 et personne ne le savait. Je suis attristé et choqué car elle était jeune."

C'est Majid qui comble les trous dans la biographie de la jeune femme.

"Depuis 'Métèque et mat', l'album d'Akhenaton, il ne se passait plus rien. Elle a trouvé un travail comme aide à domicile et elle s'est aussi occupée de ses parents âgés pendant un temps. Au niveau artistique, elle n'a pas eu la chance de rebondir. Elle a très mal vécu cette période au point d'avoir le morceau et le clip de 'Bad Boys de Marseille' en horreur et a passé dix ans à recevoir des fausses promesses."

Pourtant, la jeune femme n'a jamais abandonné son espoir de revenir un jour dans la musique. Majid confirme qu'elle "avait un classeur entier de textes engagés" et qu'elle ne désespérait pas de réussir son retour avant de tout arrêter quand la maladie s'est déclarée.

La suite, c'est Djamila, la soeur de la chanteuse qui raconte.

"Ma sœur est décédée il y a plus d'un an et demi. La soudaine diffusion de son décès par les médias, longtemps après et sans l'aval de la famille, a été mal vécue. Outre le choc de voir cette information, cela a ravivé les douleurs de sa perte. Par respect pour ma sœur et sa voix, je refuse toute démarche médiatique et tous les membres de la famille ont la même position [...] Maintenant, on doit la laisser en paix."

On lui rendra quand même un dernier hommage avec le morceau avec lequel on l'avait découverte, "Bad Boys de Marseille".



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