''Tueurs'' est enfin à l'affiche !

''Tueurs'' est enfin à l'affiche !

Découvrez notre rencontre avec les artistes du long-métrage...

 

 

On le sait, la B.O du film "Tueurs" est dans les bacs depuis le 1er décembre... bang bang !

Et depuis le 6, c’est le film que nous pouvons retrouver dans les salles. Sélectionné à la mostra de Venise (festival international du film de Venise)  et réalisé par François Troukens et Jean-François Hensgens, ce long métrage a suscité nôtre intérêt.

Nous nous sommes donc rendus à Bruxelles pour visionner le film et assister au showcase des artistes dans la salle "La Madeleine".
C’est en effet tout un album réunissant la crème de la crème du rap belge, à savoir Damso, Hamza, Roméo Elvis, Caballero & Jean Jass, Krisy , Isha, Coely, Yanso, Senamo ou encore Lord Gasmique; que le film "Tueurs" a inspiré.

 

RENCONTRE

Réunis par le producteur Clément Animalsons, les artistes ont été invités à une projection afin de voir s’ils se sentaient inspirés par le sujet. Lord Gasmique, rappeur bruxellois et membre à part entière des crews Bruksel'R et 6 O'Clock Games, était présent dans ce casting.

"Faire partie de cette B.O pour moi c'est un accomplissement. Je suis un très jeune rappeur, et être sur le même projet que toutes ces belles têtes, c'est un rêve. C'est un honneur de pouvoir être sur ce truc là avec les "tontons du rap"."

Et on peut le dire, le plus de ce projet, c’est que les artistes avaient carte blanche complète.

"Tout a commencé avec "Back in the days" avec qui je suis en contact depuis un certain temps. Ils m'ont dit qu'ils avaient pour projet de sortir une compile avec les têtes du rap belge en s'inspirant de ce film belge également (même si la production est française). Du coup on s'est réunis avec l'équipe du film, ils nous ont présenté le projet. On a vu le film, on a rencontré Clément Animalson, un gros producteur. Il nous a fait une palette de prods, on avait le choix, et chacun devait faire son propre son tout simplement. C'est ce qui nous amène à ce beau projet."  

Lord Gasmique 

Clément Animalsons à la Mostra de Venise. 

 

Derrière ce long métrage, François Troukens. Un grand homme connu pour être une figure du "grand banditisme" en Belgique et aujourd’hui artiste, auteur et animateur de télévision.

"J'ai rencontré François et c'est vraiment un grand homme. Il a été pendant longtemps une sorte de menace et maintenant il s'est repenti, il a fait sa BD, son livre, il réalise son film. Je trouve ça absolument génial et incroyable. Grosse force à lui…
Moi, j’ai pour habitude d'endosser des rôles. Lord Gasmique, c'est un personnage à part entière. M'imaginer être braqueur, "faire du sale", ça n'a pas été difficile pour moi. C'est un exercice de jouer des rôles ! Là, on ne m'a pas dirigé, on m'a laissé carte blanche. J'ai fait ce que j'ai pensé être bien et je crois que ça a bien marché vu les retours que j'ai eus… Le but de tout artiste est de pouvoir aller sur tous les terrains, et moi c'est ce que je veux faire. Et j'aimerais que mon public le comprenne. On sait que la musique et le cinéma, ce sont des gros trucs dans le monde. Allier les deux, c'est une p***** de force." 

Lord Gasmique

La présence de Yanso, rappeur qui a actuellement trois clip officiels à son actif et qui s’est notamment fait connaître à travers le morceau "Par ici la monnaie" en collaboration avec Caballero, prenait également tout son sens…

Je n’’aurais jamais imaginé être sur cette tracklist il y a quelques temps. C'est une fierté. Son nom (François Troukens) je le connaissais mais je ne connaissais pas son histoire. Il y a beaucoup de figures du banditisme ici en Belgique... J'ai regardé le film et lu son livre. Sa vie est incroyable, pour se relever de tout ça c'est grandiose… Moi, c'est un concept un peu particulier. Quand on m'a demandé d'être sur cette B.O, j'étais en bracelet électronique. J'étais vraiment dans ce thème-là, en plein dans les problèmes judiciaires et François Troukens est venu chez moi à la maison pour me montrer le film parce que je ne pouvais pas sortir. Ma vie ou du moins une partie ressemble en partie à la sienne, même si je n'en suis pas fier. C'est ce qui fait que ça colle bien avec le projet. J'ai un vécu qui est assez proche du film on va dire." 

Coely, la figure féminine de cette compile, a plusieurs cordes à son arc. Elle rap, elle chante, elle fait de la soul… Et surtout, elle a un sourire très communicatif !

"On fait un peu partie du film même si on n’a pas joué dedans. On fait partie de quelque chose de grand et avec des artistes belges. Le Hip-Hop en Belgique est hyper vivant. Grâce à ce projet, les étrangers comprendront ce qui se passe ici. Le Hip-Hop en Belgique c'est chaud maintenant. Tout le monde est en train de faire quelque chose ici. Ça monte. Belgium is alive ! On a aussi grandi avec les artistes français nous, donc c'est cool que la Belgique monte également…" 

Le film s’inspire de l’affaire des tueurs "Bradants" (fait réel) qui remonte aux années 80. Des criminels braquaient et tuaient chaque semaine sur des parkings de centres commerciaux. Cela a inspiré une histoire de complot à François Troukens. Ecrit alors qu’il était encore en prison, le scénario met en scène une magouille organisée par l’Etat visant à faire passer certaines lois et visant à faire monter le fascisme avec la terreur. Un sujet somme toute complètement d’actualité.

Coely n’en pense pas moins :

"On m'a raconté l'histoire de François, ça m'a beaucoup inspiré. Ce genre d'histoire tu as l'impression que ça n'arrive qu'en Amérique, dans les documentaires. Et là, c'est en Belgique aussi. Quand tu vois le film, tu comprends qu'il est également question de corruption. Tu ne sais plus qui est qui, qui a fait quoi. C'est un truc de dingue. Et quand tu écoutes l'album après avoir vu le film, tu comprendras les références, à quoi on fait allusion dans les paroles. Tout va prendre sens."

 

RETOUR SUR LE RÉALISATEUR 

Image associée

 

Si le film a tant inspiré les artistes, c'est parce que le contenu s'y prêtait. Nous avons rencontré François Troukens, un homme passionnant. 


Comment passe-t-on de "figure de grand banditisme" à animateur télé ? 

"Je suis ex-gangster, ça fait longtemps ! J'ai raccroché en 2001. J'ai décidé de changer de vie, j'étais en cavale pendant sept ans, et un jour, j'ai décidé de déposer le flingue. C'est d'ailleurs José Giovani qui m'a dit de laisser le flingue et de prendre la plume. Je me suis fait arrêter en 2004 et je suis allé à la prison de la santé. J'en avais pour 28 ans. J'avais une petite chance de réduire ma peine car j'avais été condamné sans être présent au procès. Je me suis donc battu pour être re jugé tout en commençant des études de lettre à la Sorbone car à la prison de la santé il y a des profs qui viennent donner des cours. Moi à la base je m'étais lancé dans des études de photographe et de réalisateur quand j'avais 20 ans avant de devenir une "figure de grand banditisme". J'ai toujours écrit pendant les cavales, j'ai vécu longtemps en Amérique du sud, en Corse, en Hongrie... A chaque fois que j'allais quelque part j'écrivais. J'ai besoin de ça. C'est mon exutoire. En détention c'était pareil. J'ai toujours pris la plume ou un livre. C'est mon moyen de m'évader. C'est comme ça que j'ai commencé à écrire un scénario de film... Mais jamais je n'aurais pensé faire de la télé." 


Quel était votre objectif à ce moment-là ? 

"D'abord être auteur, écrire, faire du scénario de BD, de cinéma... réaliser. Quand je suis sorti j'ai donc commencé par faire un scénario de BD pour le Lombard, "Forban", et puis j'ai été engagé chez Versus production pour faire un film. J'ai donc commencé par "Caïds" avant de réaliser ce deuxième film "Tueurs". 

 

Et puis ça m'est tombé dessus... En 2013 j'ai engagé Joey Starr pour faire un rôle dans mon film. Ça s'est bien passé, on s'est rencontrés, on a discuté avec nos agents.  Et il y a un procureur qui m'a cité à comparaître en me demandant si je savais que Didier Morville (Joey Starr) avait fait de la prison. J'ai dit que je le savais mais que je m'en tapais, moi ce qui m’intéressais c'est ce qu'il a fait dans le film "Police". A la limite sa vie privée ne m'intéresse pas. Ce qui me plait c'est l'acteur, l'artiste, c'est ce qu'il a en lui... J'ai commencé d'ailleurs à lui en parler de ça à ce procureur, de la puissance de ce personnage, de sa transformation... Mais ce qu'il a retenu c'est que je lui confirmais que j'avais fréquenté un ancien détenu tout en le sachant. Je n'avais pas le droit de fréquenter d'anciens complices ou d'anciens détenus avec la liberté conditionnelle. Je suis donc retourné 7 mois en taule. 

 

Et là, au lieu de m'enfermer dans de la haine, j'ai travaillé encore sur mon scénario, j'ai peaufiné le film. En sortant, il y a eu les attentats de Charlie Hebdo et j'étais justement à Paris pour préparer un court-métrage. J'étais ami avec Cabu qui venait faire des ateliers à la prison de la santé, je le connaissais bien. J'ai donc forcément été touché par ça. Puis j'ai vu les vidéos et je me suis dit que les mecs qui avaient fait ça avaient forcément fait de la taule, je reconnais leur manière, ce sont des mecs qui ont braqué. Il s'est avéré qu'en effet la majorité des mecs qui ont fait des attentats viennent de nos prisons. Ça m'a interpellé." 

C'est de là qu'est née l’association ? 

"Tout à fait j'ai créé "Chrysalibre" pour lutter contre le radicalisme haineux qui se développe dans nos prisons comme dans notre société. 

Les gens, au lieu de se réconcilier avec la société quand ils rentrent en prison, je ne leur trouve pas d'excuse, mais on fait tous pour qu'ils deviennent totalement exclus de cette société. Ils se nourrissent de haine parce qu'il n'y a que ça en prison. Il n'y a rien d'autre. Très peu de choses sont faites. 

 

J'essaye donc de faire rentrer la culture en prison pour contrer le radicalisme haineux et c'est comme cela que j'ai été repéré par une radio où l'on refait le monde. Il y a la même chose en France, c'est l'émission de Fogiel sur RTL. Chaque jour j'ai fait des chroniques pendant 4-5 mois. Puis un jour j'ai été convoqué à la direction, je me suis dit que j'avais dû dire une connerie vue que je parle sans langue de bois ! En fait on me proposait de présenter une émission. C'est un peu comme "Faites entrer l'accusé" en France, ça s'appelle "Crime parfait" sur RTL TV qui est le pendant de M6 ici. Je fais ça depuis deux ans et demi et ça cartonne." 

Pourquoi un album Rap et pas un autre style ? 

"La musique Hip-Hop m'intéresse, les sons urbains. Et Clément Animalsons qui a composé la B.O du film a aussi bien travaillé avec Booba qu'avec Benjamin Bioley, je trouve ça hyper intéressant. Il peut composer aussi ce que l'on appelle du score, de la musique de film presque électro mais à la fois classique, et puis il peut aussi cogner avec des basses ultras puissantes.

C'est vraiment ce que je cherchais. L'agent de Joey Starr en Belgique me l'a présenté et ça a été merveilleux. Il a une écoute, une attention, il compose à l'image et il a mis de l'émotion sur le film. De là cet agent a eu l'idée, avec le label "En douceur", de créer un album de rap en partant de la B.O. Comme ce sont des sons très Hip-Hop et très contemporains, ça fonctionne pas mal.Damso, chante sur le film et fait la chanson du générique. Je vais d'ailleurs bientôt réaliser le clip de cette chanson. Ce sera un vrai court métrage différent du film dans lequel il jouera un vrai rôle."  

 



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