Interview ''Polaroïd'' - Lord Esperanza

Interview ''Polaroïd'' - Lord Esperanza

L’espérance au centre de tout...

"Polaroïd", c’est le troisième projet de Lord Esperanza. Originaire du nord de Paris, le rappeur fait beaucoup parler de lui ces derniers temps notamment avec cet EP paru le 27 octobre dernier. Intrigués par son personnage, nous avons échangé avec lui pour le découvrir un peu mieux…

 

Parlons de ton blaze avant tout "Esperanza". C'est le nom que donne "Vendredi" à l’île de l’espoir dans le livre de Robinson Crusoé. La littérature est un sujet d’inspiration fort pour toi. Il y a des livres qui t'ont inspiré pour ce nouvel EP "Polaroïd" ?

Oui il y en a plusieurs. Là en tête j’ai "L’art de la séduction" de Robert Greene étrangement, qui parle notamment de la séduction dans les hautes sphères politiques et plus généralement qui donne des exemples culturels, qui détruit un peu des mythes qui ont existés. Ce sont des choses qui m’ont inspiré.

Il y a aussi un autre bouquin écrit par Gaël Faye qui s’appelle "Petit Pays" qui est un bouquin autobiographique dans lequel il retrace son existence et son enfance à la frontière du Rwanda. Il parle notamment du génocide des Tutsis.

C’est un livre qui a fait beaucoup parler de lui

Oui c’est le prix Goncourt lycéen. Gaël Faye est écrivain et également rappeur, poètes… il est multifonctions (rires) !

En autre bouquin il y a aussi "La morte amoureuse" de Théophile Gautier, beaucoup de poèmes de Baudelaire aussi, "Les fleurs du mal" pour être original. Et aussi j’ai relu récemment "Le vieil homme et la mer" d’Ernest Hemingway.

Beaucoup de références !  

Oui j’avais besoin de voyager, il y avait plusieurs univers que je voulais aborder dont certains qui étaient inhérent à mon enfance, donc des sujets que j’avais un peu laissé de côté. Pour retourner au contact de ces choses-là j’avais besoin de me plonger dans des œuvres qui me rappelaient ce que j’avais traversé.

Lord Esperanza, pour toi l’espérance est au centre de tout. Tu penses que ta réussite est due à ça ? Le jour où tu arrêtes d’espérer, tu arrêtes de rapper ?

Tout d’abord c’est une très jolie question, merci beaucoup. Je pense que ça a forcément un lien puisqu’on dit que tout est une question de volonté. Si tu te projettes toi-même sur ce que tu as envie d’accomplir je pense que l’univers, Dieu, le destin ou je ne sais quoi, te donnera raison.

Ensuite plus généralement, c’est surtout une question de travail. Mais l’espérance c’est quelque chose d’important pour moi. J’ai déjà donné cette anecdote hier en interview mais j’ai envie de la redonner. J’étais à la fin d’un concert à La Boule Noire, et il y a un jeune qui est venu me voir et qui m’a dit qu’il écrivait un film grâce à ma musique. Il avait écouté mes sons et ça lui avait donné de la force ! Ça m’a vraiment inspiré, je me suis dit que je pouvais donner de l’espoir aux gens. Maintenant c’est vraiment ma première volonté quand je créer, je le fais pour autrui afin qu’ils puissent se retrouver dans mes textes et aussi plus généralement qu’ils puissent être capable de croire en un rêve. Des artistes précédemment m’ont aussi donné de la force et de l’espoir.

D’ailleurs tu disais qu’il y avait beaucoup de références dans les textes que tu écoutais et que ça t’avait permis de découvrir certaines choses, de te cultiver tout simplement.

Complètement. Pour moi le rap a vraiment eu une portée de transmission culturelle. Notamment des artistes comme Oxmo Puccino, Nekfeu, MC Solaar qui dans leurs textes ont abordé des thématiques culturelles dont je n’avais jamais eu échos. Ca avait vraiment résonné en moi.

Tu parlais aussi de Maître Gims…

Oui c’est fort probable, surtout sur les mangas. Même Mister You, il parle des œufs de faberger dans un son. Ce sont les œufs des tsars russes… J’en avait déjà eu échos mais je m’y suis vraiment intéressé avec ce morceau.

Quelles sont les retombées quelques semaines après la sortie de "Polaroïd" ? As-tu eu des retours surprenants ou constructifs ?

Oui on est très heureux. La fan base a bien supporté, ont bien donné de la force. Il y a aussi des gens qui m’ont découvert avec ce projet. On vient d’ailleurs de comptabiliser les deux millions de vues. Ça peut paraitre peu par rapport aux gros de l’industrie mais pour un début de carrière je suis vraiment heureux. Et puis c’est ce qu’on avait fait en un mois et demi sur "Drapeau noir", là on le fait en une semaine. Du coup en six mois il y a eu une belle évolution donc espérons que ce soit exponentiel.  

Il y a eu des remarques qui t’ont interpellées ?

Il y a eu plein de gens qui se sont retrouvés dans mes textes. Et puis il y a eu deux, trois cas qui m’ont rendu un peu mélancolique mais dans le bon sens du terme. Il y a des gens qui m’ont contacté de l’hôpital. Malheureusement la vie fait qu’on est pas tous égaux à ce niveau-là. Ils m’ont dit que "Polaroïd" leur avait permis de garder espoir… Une chose très belle.

Il y aussi des gens qui ont découvert des artistes dont j’ai pu faire référence. Archimboldo par exemple dans le morceau "Noir", il y a plein de gens qui m’ont dit qu’ils étaient allés voir ce qu’il faisait.

Tu as signé extrêmement jeune chez Modulor, à 18 ans, comment as-tu fait cette connexion ?

J’étais très jeune en effet et enfaite j’ai partagé mon clip sur Youtube, à ce moment-là je faisais 500 vues. Dans mon entourage Facebook il y a quelqu’un qui l’a partagé et qui avait lui-même dans ses amis un recruteur de tête, je crois que l’on appelle ça un "scout talent". Il m’a contacté et deux semaines après je crois, on signait pour trois projets, donc "Drapeau noir", "Hors de portée" et "Polaroïd".

Ça s’est fait très vite !

Oui et en même temps moi j’avais 18 ans, je faisais très peu de vues et j’étais seul face à mes rêves et à ma destinée, avec la peur de ne pas pouvoir l’accomplir. Tu ne peux pas toujours croire en toi. On traverse tous des phases de confiance plus ou moins excessives ou au contraire déficitaires. Ils m’ont permis de croire en moi, ça m’a donné une vraie forme d’espoir que je n’oublierai pas puisque c’est aussi en partie grâce à eux que j’en suis là.

Tu avais signé pour trois projets et donc les trois sont sortis, tu en es où ?

Actuellement je suis encore chez eux mais je suis libre sur le marché. J’ai été rencontrer plusieurs autres labels, on verra…

Tu cherches à être signé ailleurs ou tu es bien comme ça ?

Mais c’est les dessous ça normalement ! (rires) C’est une question en évolution à laquelle je ne saurais répondre parce que j’ai eu plusieurs propositions. Les attentes diffèrent aussi de la part des labels et de mon équipe donc je n’arrive pas encore à me projeter vraiment sur mes vraies volontés… Mais il y a des chances que j’aille voir chez quelqu’un de plus gros pour pouvoir passer les steps suivants sur les sphères qui arrivent.

Il était question aussi de monter ton propre label à un moment donné aussi, c’est toujours d’actualité ?

L’idée c’est de le créer et de le signer en licence sur un plus gros label. Mais ça c’est une possibilité que j’envisage plus tard parce que c’est beaucoup de travail administratif, et pour l’instant je ne suis pas assez gros pour avoir ce genre d’inconvénients.

Tu es quelqu'un de très axé sur l'écriture. Tu participais aux concours de style quand tu étais au lycée et tu t'es d'ailleurs fait repérer à ce moment-là par certains de tes professeurs. Avant l'amour du rap il y avait donc l'amour de l'écriture. Comment passe-t-on de cet univers à celui du rap ?

Pour moi ça a toujours été l’écriture en générale. Il y avait donc l’aspect littéraire plus romancier, plus axé sur les nouvelles et puis également l’aspect rimes, poèmes… Je n’ai fait que mélanger les deux et j’ai gardé le style. Je continue aussi à écrire d’autres choses que du rap.

Le mot "Polaroïd" fait très old school, tu as cherché à avoir cet aspect ?

Pas du tout, c’était plus en référence la spontanéité et à l’instantanéité du moment. Capturer le présent. L’idée c’est que c’est un projet qui s’est fait très rapidement après "Drapeau noir" et qui a mis en exergue la pluralité des genres qu’on avait analysé et tenté de produire avec mon équipe, les producteurs, les ingénieurs du son et tout… L’aspect old school est présent que sur une chanson, "La couleur des sentiments", la numéro 6, c’est un morceau boom bap. Mais non le retour aux sources n’était le but, même si j’aime bien cette notion rétro parce que c’est un truc qui revient toujours à la mode. On pourra donc dire que c’est rétro futuriste (rires).

Finalement le rap que tu proposes est "plus ouvert" comme tu aimes le dire. Selon toi il y a des artistes qui ont ouvert les portes à cela justement?

Oui je trouve qu’il y a des acteurs émergeants dans ma génération qui représentent assez bien ce palier entre pop et rap. Je pense notamment à Eddy de Pretto, à Tim Dup, qui sont des mecs qui sont en train d’émerger, ils sont entre 300 et 500 000 vues sur internet mais ils ont contribué. Et bien sûr avant eux il y a ceux de la génération précédente bien épaulée par l’Entourage, Nekfeu aussi qui a un courant plus pop… Tu sais avant le rap était vraiment allié à la street et lui, il a un peu démocratisé ça. Orelsan aussi complètement et bien sur le plus important pour moi, le vulgarisateur Stromae qui a clairement donné une toute autre dimension à la musique urbaine et sans oublier Maître Gims.

"Je me sens concerné par l’autodestruction de l’être humain et la planète". L'altermondialisme est un sujet récurrent dans tes textes et dans ton projet, tu te sens touché par ce genre de sujets actuellement ? Mènes-tu des actions dans ton quotidien ?

J’essaie à mon humble échelle par exemple de ne pas manger de viande. Ça peut paraître bête mais quand j’ai l’occasion de ne pas le faire je ne le fais pas, je ne suis pas non plus en train de me flageoler. Ce sont des petites actions du quotidien. Ça passe par éteindre l’eau quand tu te brosses les dents, trier ses déchets… C’est un stade de conscience qui dépasse l’être humain ou l’artiste que je suis, c’est le citoyen du monde qui est en moi comme tout à chacun qui est présent dans cette pièce. C’est juste se dire qu’on veut léguer un monde meilleur à nos enfants.

 Tu penses pouvoir intéresser tes auditeurs à ce genre de causes ?

Je ne sais pas mais en même temps je me rends compte que je n’ai pas envie d’avoir ce rôle. C’est pas le mien. À la base c’est de l’entertainement c’est du divertissement. Si je peux donner ma vision et que certains se reconnaissent dedans j’en serais ravie mais je ne veux pas paraître arrogant à prôner un truc qui me dépasse.

Mais tu peux peut-être ouvrir des portes sur une réflexion ?

Oui c’est très joliment dit et j’espère que ce sera le cas. Mais tu vois le côté un peu moralisateur du rap conscient… Moi il y a des trucs qui me révoltent en tant que jeune artiste en devenir. J’essaye de les transmettre mais je n’aurais jamais la prétention de faire la morale. Ce sont des sujets tellement compliqués et qui engagent des choses qui nous dépassent. Mais oui j’aimerais bien à mon humble échelle faire évoluer les consciences, parce que changer les choses seraient complètement irrationnelles… Mais comme je te disais je pense que ça passe avant tout par des gestes du quotidien, à échelle humaine et personnelle. Quand ça se répand ça peut devenir une réaction de groupe et un effet de chaîne. Mais ça commence par toi et ton miroir.  

Il y a ces sujets là dont tu parles mais aussi des morceaux très poétiques et d'autres plus sombres dans ce projet. On pourrait dire que tu passes facilement de styles en styles, que tu as un grand panel de formules différentes. Tu parlais d'ailleurs de dualité dans ton personnage entre égo trip et douceur, tu es comme ça dans ta vie ? C'est à l'image de ta personnalité ?

 Je crois que je laisserai à mes proches de répondre à cette question parce que j’ai l’impression de ne pas encore vraiment me connaître.

Il y a pas mal de médias qui disent que tu es en train de trouver ta couleur, du coup c’est quelque chose qui ne te convient pas spécialement ?

J’ai l’impression que ce serait prétention d’affirmer que je l’ai trouvée parce que c’est tellement une constante recherche. Et puis quand je vois des journalistes comme toi, passionnés, ou du moins qui se sont vraiment investis dans l’écoute de mon projet, je préfère vraiment laisser le soin à chacun de se l’approprier parce que je n’ai pas envie de dénaturer la vision que l’on a. Et si j’ai fait quelque chose d’aussi éclectique c’était pour que chacun puisse au moins trouver un morceau dans lequel il se reconnait et ça serait peut-être la seule forme de réussite réelle qui me parlerait. Ça dépense tout entendement, tout stream, toute dictature du chiffre ou toute salle de concert complète… et grimper en équipe aussi, très important ! Je n’ai pas envie de grimper seul, j’ai envie d’emmener tout le monde avec moi. Être seul au sommet ça n’a pas d’intérêt.

Je ne serais pas là sans les 30 personnes qu’il y a derrière moi.

C’est une grosse équipe !

Oui mais par exemple ça peut paraitre bête mais vous aussi vous en faites partie parce que vous me donnez de la lumière. Et il y a au moins un noyau de 15 personnes actives, ce sont des éditeurs, des photographes, des réalisateurs, des rappeurs, des attachés de presse, du management, des chefs de projet et tout.

C’est comme ton morceau Maria qui a touché un plus large public, c’est quelque chose que tu vises ?

À fond, pour donner de l’espoir et non pour produire cette soupe médiocre radiophonique. L’idée c’est de faire de la bonne musique aussi. Je vois qu’il y en a qui y arrivent très bien et qui sont de grandes sources d’inspiration comme Stromae dont on parlait tout à l’heure. Parfois en deux lignes il dit ce que des mecs ont tenté de dire en une carrière. Il est concis, il vulgarise. Et même Nekfeu ou encore Maître Gims c’est pareil. Quand j’écoute son morceau "Changer", je trouve ça profondément bien écrit, il y a cette phrase "Seul dans le noir au fin fond du couloir accrocher à un atome d’espoir", ça a une profondeur telle et pourtant les gens s’allient pour dire que c’est un artiste mainstream et qui écrit mal. Alors oui il y a aussi des morceaux comme "Sapé comme jamais" mais ça dépend des morceaux. Comme pour "Polaroïd" finalement, il y a des morceaux plus légers dans lesquels je n’ai pas eu envie de trop approfondir sur l’aspect écriture, je voulais plus donner une vibe. Il y a aussi des artistes qui m’inspirent de ouf et dont l’écriture n’est pas le point central et je m’en fou ils ont des top lines de ouf, des mélodies de ouf !

 

 

Du coup tu te laisses évoluer tranquillement et tu verras bien, il n’y a pas de calcul ?

Non… Je pense que c’est culturel, Français même, parce que j’ai l’impression qu’aux Etats-Unis c’est moins le cas mais j’ai l’impression qu’ici on a vraiment besoin de mettre l’artiste dans une case. Peut-être que la case dans laquelle j’ai envie qu’on me mette c’est la case ou il n'y a pas de case. Je fais un peu tout mais j’ai conscience que ce n’est pas possible et que je serais obligé d’affiner un peu. Je ne pourrai pas continuer à faire de la future base, de la techno, de la salsa, de la trap…

Si pourquoi pas ? Ca pourrait faire ton originalité aussi

Ça ferait mon originalité mais ça ne pourrait pas forcément concilier avec mes objectifs qui ne sont autres que de grimper.

Il paraît que tu as envie de jouer au cinéma bientôt. Si l'on connaît tes multiples références culturelles, dans quel type de film te voit tu à l'affiche ? Quel genre de rôle aimerait tu jouer ?

En vrai je dis ça mais c’est un métier donc j’aurais beaucoup de travail avant de pouvoir tendre à ça. Mais c’est un rêve, un idéal. En tout cas je me verrais bien dans un film français, cinéma d’auteur (rires). Non dans un blockbuster ou enfaite peu importe le style de film du moment que ça me touche dans mon âme d’artiste, tant que c’est en lien avec quelque chose qui est poétique et touchant. Ça pourrait être un film sur la seconde guerre mondiale ou un film futuriste qui met en scène la fin du monde avec l’ovni présence des machines… Ça pourrait aussi me parler parce que c’est de la science fiction, parce que ça ferait échos à des œuvres littéraires que j’ai pu lire comme "1984". Ce n’est pas tant l’œuvre, c’est vraiment la démarche.

Par exemple participer à un projet qui a pour but derrière de démocratiser une thématique ça pourrait être cool. Là je suis allé voir "120 battement par minutes", le film sur les jeunes atteints du sida. J’ai trouvé ça bien parce que c’est quelque chose dont on parle sans vraiment en parler, et tu te rends compte des vrais dangers de cette maladie. Ca permet de remettre certaines choses dans leur contexte. Et j’aimerais bien réaliser aussi, écrire un scénario. Quand je vois ce qu’Orelsan a accompli je suis très admiratif de son travail. C’est la référence. Après il y a Joey Starr aussi dans "Police" que j’ai trouvé excellent, il était vraiment incroyable en terme d’acting. Ce sont des mecs qui ont vraiment réussi à passer cette transition. Le film avec Nekfeu je ne l'ai pas encore vu mais je n’ai pas eu de très bons retours. Ça reste quand même une belle prise de risque car être acteur c’est un métier.

Pour finir sur cette transition du rap étroitement lié au cinéma enfaite c’est logique parce que l’industrie en a besoin. Les jeunes écoutent beaucoup de rap et du coup avoir leurs idoles qui passent au cinéma c’est aussi, disons-le, une suite logique d’un point de vue financier.

En continuant sur tes références. Si ton album était une œuvre ce serait laquelle ?

Je pense aux "Misérables" de Victor Hugo car c’est un bouquin qui m’a beaucoup touché. Il y a une vraie évolution historique et scénaristique. Il traverse beaucoup de différentes strates et j’ai l’impression, en toute humilité, que c’est ce que j’ai essayé de faire avec "Polaroid". Il y a une montée en puissance quand tu l’écoutes dans sa globalité. On fini sur un morceau "Sol d’étoiles" et il y a des paliers qui pour moi sont franchis et c’est intéressant parce que la plupart des remarques de mes proches c’est qu’il y a une vraie gradation dans ce projet. C’est ce que j’ai ressenti dans "Les Misérables".

 

 

Crédits photo @Mim's




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